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Parcours clientspar Experientiel Sàrl

Guide

Le taux de fidélisation se calcule simplement, mais perd son sens quand vos usagers n’ont pas le choix

Vous saurez calculer un taux de fidélisation, d’attrition et de réachat sans compter vos nouveaux clients par erreur. Vous saurez aussi quoi mesurer à la place quand le rachat n’existe pas. Un résident d’établissement médico-social (EMS), un habitant ou un voyageur sans voiture sont dans ce cas.

Par Experientiel Sàrl · 6 min de lecture · mis à jour le 06.10.2026

Le taux de fidélisation mesure la part des clients qui restent

Le taux de fidélisation indique la part des clients du début d’une période qui sont toujours clients à la fin. On parle aussi de taux de rétention, qui désigne le même calcul.

Le taux d’attrition (« churn » en anglais) en est le contraire. Il mesure la part des clients perdus sur la même période.

La fidélisation désigne les actions menées pour garder des clients ; la fidélité en est le résultat. Un taux se calcule toujours sur une période définie, comme une saison ou une année.

En 1990, Frederick Reichheld et W. Earl Sasser ont publié « Zero Defections » dans la Harvard Business Review. Selon le résumé de Bain & Company, garder 5 % de clients en plus pouvait presque doubler les profits. Ces chiffres viennent de quelques grandes entreprises. Ils ne se transposent pas tels quels à un hôtel de 30 chambres.

Comment calculer le taux de fidélisation ?

La formule courante retire les nouveaux clients du total de fin de période. Sinon, l’arrivée de nouveaux clients masque les départs. La Banque de développement du Canada publie la même formule.

Prenons un théâtre qui compte 400 abonnés au début de la saison. À la fin, il en compte 420, dont 80 nouveaux. Les deux dernières lignes concernent un hôtel de montagne qui a accueilli 1 200 hôtes l’hiver dernier.

Formules du taux de fidélisation et des taux voisins, avec un exemple chiffré
IndicateurFormuleExemple
Taux de fidélisation (ou de rétention)((F − N) ÷ D) × 100 (D = clients au début, F = à la fin, N = nouveaux)((420 − 80) ÷ 400) × 100 = 85 %
Taux d’attrition (churn)(clients perdus ÷ D) × 100, soit 100 − taux de fidélisation(60 ÷ 400) × 100 = 15 %
Croissance de la clientèle, pour comparaison((F − D) ÷ D) × 100((420 − 400) ÷ 400) × 100 = 5 %
Taux de réachat (ou de visite répétée)(clients venus au moins deux fois ÷ clients de la période) × 100Musée : 105 détenteurs de carte sur 300 venus au moins deux fois, soit 35 %
Taux de retour d’une saison à l’autre(hôtes de la saison 1 revenus en saison 2 ÷ hôtes de la saison 1) × 100(216 ÷ 1 200) × 100 = 18 %
Part d’hôtes déjà venus(hôtes de la saison 2 déjà venus ÷ hôtes de la saison 2) × 100(216 ÷ 900) × 100 = 24 %

Le dénominateur change la lecture du taux

Les deux dernières lignes du tableau portent sur les mêmes 216 hôtes. Elles donnent pourtant 18 % et 24 %. Le premier taux part des hôtes de l’an passé, le second des hôtes de cette saison. Précisez toujours le dénominateur quand vous publiez un taux.

La croissance de 5 % du théâtre cache, elle, 15 % d’abonnés perdus. Suivez donc la croissance et l’attrition côte à côte.

Un client qui revient n’est pas forcément un client attaché

La fidélité comportementale se lit dans les actes : le client revient ou renouvelle son abonnement. La fidélité d’attitude se lit dans ses opinions. Le client préfère votre offre et souhaite revenir.

Alan Dick et Kunal Basu ont croisé ces deux dimensions dans un article de 1994. Leur grille distingue quatre cas.

  • La fidélité véritable : le client revient et préfère votre offre.
  • La fidélité latente : le client vous apprécie, mais revient peu, faute d’occasion, de budget ou de place.
  • La fidélité de façade (« spurious loyalty ») : le client revient sans attachement, par habitude ou faute d’autre choix.
  • L’absence de fidélité : le client ne revient pas et n’a pas de préférence.

Des clients satisfaits partent aussi

Une bonne note de satisfaction ne garantit pas le retour. Thomas Jones et W. Earl Sasser l’ont montré en 1995 dans « Why Satisfied Customers Defect ». La MIT Sloan Management Review cite une observation de Xerox. Ses clients « totalement satisfaits » rachetaient six fois plus souvent dans les 18 mois que ses clients « simplement satisfaits ».

Lisez donc la part des notes les plus hautes, en plus de la moyenne.

En 2003, Frederick Reichheld a proposé une seule question pour prédire la croissance. Elle demande si le client recommanderait l’entreprise à un ami ou à un collègue. La réponse, de 0 à 10, sert à calculer le Net Promoter Score (NPS).

En 2007, Timothy Keiningham et ses collègues ont refait ces analyses sur 21 entreprises norvégiennes. Ils n’ont pas retrouvé la supériorité annoncée du NPS sur les autres mesures. La recommandation reste un bon signal de fidélité d’attitude. Notre guide sur le Net Promoter Score détaille son calcul avec de petits effectifs.

Hôtels, destinations et musées mesurent le retour d’une saison à l’autre

Les hôtes et les visiteurs choisissent de revenir ou non. Le taux de retour a donc un sens. Pour le calculer, vous devez reconnaître les mêmes personnes d’une saison à l’autre. Trois sources le permettent.

  • Le fichier des hôtes de votre système de réservation, pour un hôtel ou une location.
  • Les abonnements et les cartes d’amis ou de membres, pour un musée ou un théâtre.
  • Une question posée pendant le séjour ou la visite, par exemple « Est-ce votre première venue ? ».

Choisissez une période qui suit le rythme des visites

Un hôte d’hiver revient l’hiver suivant, rarement le mois suivant. Un musée qui change d’exposition deux fois par an compte plutôt les retours sur douze mois.

Posez aussi la question de l’envie de revenir. Comparez-la ensuite aux retours réels de la saison suivante. Un écart important signale une fidélité latente. Des hôtes attachés à votre maison reviennent alors peu, à cause du prix, de la distance ou du calendrier.

Sans rachat ni choix réel, d’autres indicateurs remplacent le taux de fidélisation

Un résident ne « rachète » pas son EMS. Il y entre souvent après une décision prise avec ses proches, ou sous la contrainte de sa santé. Un habitant ne déménage pas à cause du guichet communal. L’usager d’un service public n’a souvent pas d’autre prestataire. Beaucoup de voyageurs dépendent du bus ou du train, faute de voiture ou de permis.

Dans ces situations, le taux de rétention approche 100 % quelle que soit la qualité du service. Il traduit surtout l’absence de choix. Dick et Basu parlent dans ce cas de fidélité de façade. Cinq mesures remplacent alors le taux de rétention.

Mesures de remplacement quand le rachat n’existe pas
MesureQuestion ou donnéePublics concernés
Intention de revenir ou de rester« Si vous aviez le choix, reviendriez-vous ? » ou « J’ai envie de revenir. »Voyageurs, usagers d’un service ambulatoire, hôtes et visiteurs
Recommandation par les proches« Recommanderiez-vous cet établissement à une personne de votre entourage ? » (0 à 10)Proches de résidents d’EMS, proches de clients de l’aide et des soins à domicile
Confiance« Je peux compter sur le personnel quand j’ai besoin d’aide. » ou « Je sais à qui m’adresser. »Résidents, habitants, usagers d’une administration
RéclamationsNombre, motifs, délai de réponse, part des cas réglésTous les services publics et les transports
Comparaison des vaguesMêmes questions, même période de l’année, avant et après une actionToutes les situations

Adaptez la question au public qui n’a pas le choix

En EMS, posez la question de recommandation aux proches plutôt qu’aux résidents. Un résident peut répondre qu’il « ne souhaite à personne d’être ici ». Sa réponse porte alors sur l’entrée en institution. Elle renseigne peu sur la qualité de la maison.

Un habitant revient au guichet parce qu’il en a besoin. Demandez-lui plutôt s’il sait à qui s’adresser et si sa demande a abouti.

Pour un voyageur, interrogez le choix du mode de transport. Demandez par exemple : « Si vous disposiez d’une voiture pour ce trajet, prendriez-vous encore le bus ? » La réponse sépare la fidélité véritable de la fidélité de façade.

Le canton de Berne fait interroger les voyageurs tous les quatre ans, en alternance avec une enquête publique. L’Office fédéral des transports (OFT) fait aussi évaluer la qualité du trafic régional par des clients-tests.

Avec 40 réponses, un écart de 8 points peut relever du hasard

Les petites organisations travaillent souvent avec 20 à 200 réponses. Une proportion y varie beaucoup d’une vague à l’autre. Prenons 40 répondants, dont 70 % disent vouloir revenir. La marge d’erreur atteint alors environ 14 points dans chaque sens, au seuil de confiance de 95 %.

Supposons que cette part passe de 62 % à 70 % entre deux vagues de 40 personnes. La marge d’erreur de l’écart dépasse alors 20 points. Ne présentez donc pas ces 8 points comme un progrès. Attendez une troisième vague, ou vérifiez que les commentaires libres vont dans le même sens.

Pour fidéliser vos clients, agissez sur l’étape qui déçoit

Un taux de fidélisation indique combien de clients partent. Il n’indique pas à quel moment ces clients ont décidé de partir. Les motifs se trouvent dans le parcours, par exemple l’accueil, l’attente, un repas, une facture ou un départ mal géré.

Reichheld et Sasser conseillaient déjà d’écouter les clients qui partent. Leurs raisons montrent où le service manque sa cible. Mesurez chaque étape du parcours avec la même échelle. Repérez celle où la part de réponses négatives est la plus forte. Rapprochez-la ensuite de l’intention de revenir ou de recommander. Notre guide sur le parcours client décrit cette méthode.

Parcours clients mesure l’intention de revenir, sans calculer de taux de fidélisation

Parcours clients est l’outil d’enquête d’Experientiel Sàrl, à Fribourg. Avec lui, vous mesurez l’expérience vécue à chaque étape du parcours. Les répondants notent chaque étape sur une échelle de −5 à +5 ou sur une échelle de fréquence. Une question de recommandation notée de 0 à 10 permet de calculer le NPS. Le nombre de répondants s’affiche à côté.

Vous pouvez ajouter une question sur l’envie de revenir ou sur la confiance. Les proches peuvent répondre sur ce qu’ils perçoivent pour la personne qu’ils accompagnent. Le personnel peut indiquer ce qu’il pense que les usagers vont répondre.

Le tableau de bord compare les vagues en tenant compte de la marge d’erreur. Il qualifie chaque évolution de « nette », « tendance », « à confirmer » ou « stable ». Aucun résultat n’apparaît pour un groupe de moins de 5 répondants. Les données sont hébergées en Suisse.

Parcours clients ne calcule pas de taux de fidélisation, de rétention ni d’attrition. Parcours clients n’est relié à aucun système de réservation, d’abonnement ou de caisse. Calculez ces taux dans vos propres fichiers, avec les formules ci-dessus. Rapprochez-les ensuite des résultats de l’enquête.

Questions fréquentes

Comment calculer le taux de fidélisation ?

Retirez les nouveaux clients du nombre de clients à la fin de la période. Divisez le résultat par le nombre de clients au début, puis multipliez par 100. Un théâtre passe de 400 à 420 abonnés, dont 80 nouveaux. Son taux de fidélisation vaut ((420 − 80) ÷ 400) × 100, soit 85 %.

Quelle différence entre taux de fidélisation, de rétention et d’attrition ?

Le taux de fidélisation et le taux de rétention désignent le même calcul. Ils donnent la part des clients du début de période encore présents à la fin. Le taux d’attrition, ou « churn », donne la part des clients perdus sur la même période. Une fidélisation de 85 % correspond donc à une attrition de 15 %.

Comment fidéliser ses clients ?

Commencez par savoir à quelle étape vos clients sont déçus. Mesurez l’accueil, l’attente, le service, la facturation et le départ avec la même échelle. Agissez sur l’étape où les réponses négatives sont les plus nombreuses. Écoutez aussi les clients qui partent, car leurs raisons montrent où le service manque sa cible.

Comment mesurer la fidélisation des hôtes d’une saison à l’autre ?

Comptez les hôtes d’une saison qui reviennent la saison suivante, grâce au fichier de votre système de réservation. Divisez ce nombre par le total des hôtes de la première saison. Sur 1 200 hôtes, 216 retours donnent 18 %. Posez aussi pendant le séjour une question sur l’envie de revenir. L’écart entre envie et retour réel montre ce qui freine les hôtes.

Peut-on parler de fidélisation dans un EMS ou une commune ?

Le taux de rachat n’y a pas de sens. Un résident ne change presque jamais d’EMS, et un habitant ne déménage pas à cause d’un guichet. Le taux de rétention approche alors 100 % quelle que soit la qualité du service. Mesurez plutôt la recommandation par les proches, la confiance, les réclamations et l’intention de revenir. Comparez-les ensuite d’une vague à l’autre.

Quelle différence entre satisfaction, recommandation et fidélisation ?

La satisfaction juge une expérience passée. La recommandation exprime une attitude, celle de conseiller le service à un proche. La fidélisation se mesure dans les actes, par le retour ou le réachat. Les trois sont liées, mais le lien reste faible. Des clients satisfaits partent aussi, et un usager sans choix reste même s’il est mécontent. Mesurez-les donc séparément.

Sources

  1. Banque de développement du Canada, « Taux de fidélisation de la clientèle », glossaire
  2. Reichheld F. et Sasser W. E., « Zero Defections: Quality Comes to Services », Harvard Business Review, 1990 (résumé de Bain & Company)
  3. Dick A. S. et Basu K., « Customer Loyalty: Toward an Integrated Conceptual Framework », Journal of the Academy of Marketing Science, 1994
  4. Jones T. O. et Sasser W. E., « Why Satisfied Customers Defect », Harvard Business Review, 1995
  5. MIT Sloan Management Review, « Understanding Customer Delight and Outrage » (observation de Xerox)
  6. Reichheld F., « The One Number You Need to Grow », Harvard Business Review, 2003
  7. Keiningham T. L. et al., « A Longitudinal Examination of Net Promoter and Firm Revenue Growth », Journal of Marketing, 2007
  8. Canton de Berne, « Satisfaction et qualité » des transports publics

Mesurez l’envie de revenir à chaque étape du parcours

Experientiel Sàrl vous présente une étude de démonstration fictive. Nous vous montrons aussi comment adapter la méthode d’enquête à vos usagers. Écrivez à [email protected] ou appelez le +41 79 785 26 79.